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Popnews
June 2002
Review by Stéphane Buron.

Finally we are no one (FatCat / Pias)
"Finally We Are No One" est une merveille, un délice, un petit bijou de
délicatesse. Voilà, c'est dit, passez votre chemin et précipitez-vous
chez votre disquaire préféré, histoire de vous immerger au plus vite dans
ce confortable, douillet et fragile paysage sonore islandais…
Si vraiment vous insistez, je peux à la rigueur vous donner quelques détails,
mais rapidement alors… Mùm, c'est le résultat résolument dépaysant d'un
mélange d'influences a priori détonnant : un amateur de techno hardcore,
un compositeur de musiques pour jeux vidéos et deux sœurs jumelles à l'éducation
musicale très classique. Ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils sortent
ces jours-ci leur deuxième album, un album qui deviendra votre disque
de chevet et vous fera oublier en quelques écoutes tous ceux de Boards
of Canada… Mùm a en effet des points communs avec les Ecossais : même
talent pour mettre en musique un paysage lunaire, un monde à mille lieues
de l'agitation de nos petites vies quotidiennes, même capacité à créer
une atmosphère irréelle, pas franchement rigolote ou sautillante, parfois
même passablement dépressive… Mais là où les Boards of Canada nous font
subir une solitude oppressante, les Islandais, eux, créent un monde incarné,
habité par des elfes et des créatures charmantes, un monde qui sort tout
droit d'une épopée onirique, d'un conte de fées qui fait peur aux enfants
et fait rêver les grands. C'est en cela que "Finally We Are No One" dépasse
le premier album, le déjà excellent "Yesterday Was Dramatic, Today Is
Ok" : on a ici affaire à une musique habitée, dans tous les sens du terme…
Mùm, c'est un paysage de bidouillages électroniques, certes, mais c'est
aussi une couverture de cordes et de cuivres, un souffle de chants virginaux,
des boucles mélodiques éphémères qui ne sont jamais bouclées… C'est la
fraîcheur de chansons aux paroles étranges sensuellement chuchotées par
les sœurs Valtysdottir dans la chaleur de vagues musicales organiques
et vite obsédantes… Bref, arrêtez donc de lire cette chronique inutile,
mettez le disque, baissez la lumière, montez le son et éteignez votre
ordinateur… le voyage a commencé.

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