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Vibrations
magazine October 2001
Interview by Christophe Taupin.

"Des premières parties de Mogwai et Björk, des remixes de Sigur Ròs et
Emiliana Torrini, un premier disque ("Yesterday was dramatic, Today is
OK") repéré par le petit cercle des amoureux de l'électronica nordique:
le quatuor mùm est assurément le prochain groupe islandais dont on va
beaucoup parler.
Pourtant, vu de là-bas, le pays, un peu vite loué dans la presse musicale
comme le lieu de toutes les possibles, n'est pas forcément l'eldorado
que l'on veut bien nous faire croire. "En Islande, les programmes des
stations de radio sont si mauvais et les prix des disques si élevés que
chacun est obligé de faire sa propre musique", confie ironiquement Örvar
Thoreyjarson Smarason, un des deux membres fondateurs de mùm, par e-mail.
Avec Gunnar Örn Tynnes, il faisait partie d'un groupe de pop-rock en marge
duquel il expérimentait de la musique électronique. Un peu plus tard,
Kristin Anna et Gyda Valtysdottir, deux filles avec qui ils avaient composé
des morceaux pour une pièce de théâtre à l'université, les rejoignent.
Les deux soeurs jumelles apportent leur expérience musicale classique
aux deux jeunes gens, conférant à mùm sa richesse issue d'instruments
aussi variés que la guitare électrique, l'accordéon, le synthétiseur analogique,
le xylophone et le glockenspiel.
Mais malgré la profusion d'instruments, le mode de composition est "essentiellement
intuitif", reconnaît Smarason. "Nous faisons de la musique tous les jours,
et nous sommes influencés par ce que nous ressentons à chaque moment de
la journée." L'électro-pop pastorale de mùm prend la forme de ballades,
berceuses fragiles dont les rythmes bringuebalants, les guitares cristallines
et les rares voix semblent issus d'un folklore imaginaire auquel on veut
s'efforcer de croire. Même les rythmes les plus soutenus, faits de cliquetis
et craquements, n'échappent pas à cette rusticité, si bien que les sons
de guitares traités et les miaulements de Moog finissent par passer pour
de doux anachronismes. A la fois luxuriante et simple, cette épiphanie
pop a été conçue avec bien peu de moyens. "Nous avons enregistré "Yesterday..."
dans la moiteur d¹une petite chambre du centre-ville de Reykjavik avec
un ordinateur et un micro, alors que des ouvriers étaient en train de
faire des travaux dans l¹appartement voisin." Pour l'enregistrement de
leur prochain disque, les quatre jeunes gens ont choisi de s'isoler dans
un phare. "Peut-être allons nous devenir fous, mais il se peut que ce
soit bénéfique", conclut Smarason.
En attendant ce nouvel album, annoncé pour février 2002 sur l'excellent
label Fat Cat, deux disques de remixes sont sortis. Le premier propose
des relectures de "Yesterday..." par Mu-Ziq, Tractor et quelques groupes
islandais. Le second "Please Smile My Noise Bleed", sorti sur Morr Music,
contient deux morceaux originaux de mùm revisités par Isan, Phonem, Christian
Kleine, Arovane, B. Fleischmann et Styrofoam. "

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